Water sample for environmental DNA analysis

Article | 23 octobre 2026

ADN environnemental : de l’échantillon à la table des décisions

Un poisson peut rester invisible sous la surface, un champignon se développer sans qu'on en aperçoive la moindre structure : leur ADN, lui, se retrouve dans un prélèvement d'eau ou de sol. L'ADN environnemental (ADNe) transforme cette trace en donnée : des informations sur les organismes détectés, qui peuvent être tracées et comparées dans le temps lorsque les protocoles sont adaptés.

Pour les entreprises, les collectivités et les gestionnaires de sites, c'est un moyen objectif d'établir un état initial, de suivre les effets d'une action de restauration ou de construire des indicateurs de suivi. Ces indicateurs peuvent ensuite soutenir le pilotage des actions et le reporting CSRD/TNFD.

Ce que l'ADNe apporte à une décision

La biodiversité devient un sujet de gouvernance : au-delà des intentions, il faut des données mesurables et comparables pour étayer les rapports de durabilité. L'ADNe répond à quatre besoins concrets.

Établir un état initial fiable avant un projet, une acquisition ou un aménagement.

Détecter des espèces à enjeu, protégées ou invasives, y compris discrètes ou rares, sans les capturer ni les perturber.

Suivre l'évolution d'un site dans le temps et suivre les effets d'une action de restauration ou d'une mesure de compensation.

Disposer d'une donnée défendable face à un client, un financeur, un auditeur ou une autorité : protocole documenté, traçabilité des échantillons, références génétiques contrôlées.

Qu'est-ce que l'ADN environnemental ?

Tout organisme vivant laisse des traces génétiques dans son milieu : cellules, mucus, excréments, fragments de tissus. L'ADNe consiste à récupérer ces traces dans un échantillon d'eau ou de sol, puis à les analyser en laboratoire pour rechercher et identifier les organismes dont l'ADN est détectable.

Le laboratoire compare les fragments d'ADN détectés à des séquences de référence : c'est ce qui permet de leur attribuer une identité, jusqu'à l'espèce lorsque les références le permettent. Le résultat est un inventaire des organismes détectés sur le site, dans les conditions de l'étude.

Eau et sol : deux sources, deux lectures

L'eau : détecter une biodiversité discrète

Un prélèvement d'eau, filtré pour concentrer le matériel biologique, permet de rechercher des poissons, des amphibiens, certains invertébrés ou des microorganismes. Dans un cours d'eau, l'ADN transporté renseigne aussi sur ce qui se passe en amont : un point de prélèvement documente une zone plus large que son emplacement exact, un atout pour explorer un bassin, à intégrer dans la lecture des résultats.

Le sol : explorer ce qui échappe à l'observation

Le sol héberge des communautés de bactéries, de champignons, de protistes (des organismes microscopiques à cellule unique) et d'invertébrés, qui participent directement à sa fertilité et à sa résilience. Un sol n'étant pas homogène, le plan de prélèvement est conçu en fonction des zones du site (parcelle agricole, friche, zone remaniée, bordure boisée) afin que l'analyse soit représentative.

Prélèvement d’eau pour une analyse d’ADN environnemental

Du prélèvement à l'inventaire : la chaîne intégrée de l'ADNe

1. Définir la question avant de choisir la méthode. Établir un état initial, rechercher une espèce invasive ou suivre une restauration sont trois objectifs distincts : ils ne demandent ni le même échantillonnage ni les mêmes analyses.

2. Construire un plan d'échantillonnage adapté au site. Lieux, périodes, répétitions, conservation et traçabilité des échantillons sont définis en amont : c'est ce qui contribue à la fiabilité et à la comparabilité des résultats d'une campagne à l'autre.

3. Extraire et amplifier l'ADN. L'ADN est isolé du filtre ou du sol, puis amplifié par PCR, une technique qui en produit des millions de copies pour le rendre analysable.

4. Choisir la logique d'analyse. Le barcoding et le métabarcoding reposent sur l'analyse d'un marqueur génétique, une courte séquence d'ADN utilisée comme signature d'identification. Une analyse ciblée recherche l'ADN d'une espèce précise, tandis que le métabarcoding analyse des marqueurs génétiques pour identifier plusieurs organismes dans un même échantillon. Le barcoding sert notamment à identifier un organisme à partir de sa séquence d'ADN.

5. Identifier les organismes. Après séquençage de l'ADN, nos bio-informaticiens comparent les séquences aux bases de référence internationales.

6. Regard croisé avec des écologues. La liste d'espèces est rapprochée des habitats, des pressions et des enjeux du site pour devenir une information exploitable en décision.

Réunion d’équipe consacrée aux décisions d’un projet

Cas pratique : l'état initial biodiversité d'un groupe industriel

Cette chaîne de travail prend tout son sens lorsqu’elle répond à une question concrète de gestion. Voici comment elle peut être mobilisée à l’échelle de plusieurs sites industriels.

Le contexte. Un groupe industriel multisite prépare son reporting de durabilité et documente pour la première fois l'état de la biodiversité autour de ses sites. Ses équipes n'ont ni donnée de référence ni méthode partagée entre sites.

La démarche. E-BIOM définit un cadre méthodologique commun aux sites : prélèvements d'eau sur les milieux aquatiques voisins, prélèvements de sol sur les zones représentatives, analyse en laboratoire par métabarcoding, puis interprétation par les écologues au regard des enjeux de chaque site.

Le résultat. 5 sites, 8 échantillons d'eau et 14 échantillons de sol, 7 groupes d'organismes documentés. Le groupe dispose d'un état initial comparable d'un site à l'autre, d'une cartographie des enjeux prioritaires et d'une base pour mesurer l'effet de ses actions les années suivantes.

La décision. Les résultats permettent de prioriser les sites, de construire un plan d'action et de retenir des indicateurs de suivi adaptés aux objectifs du groupe. Répétée selon un protocole comparable, l'analyse pourra ensuite contribuer à documenter l'évolution de la biodiversité et les effets des actions engagées.

Lire un résultat ADNe : trois garde-fous intégrés à chaque étude

Un résultat ADNe est une donnée scientifique, et il se lit avec méthode. Nous intégrons trois garde-fous à chacune de nos études.

Un plan d'échantillonnage adapté au site, pour renforcer la représentativité des prélèvements et interpréter les résultats, y compris les non-détections, avec leurs limites.

Des références génétiques contrôlées, pour fiabiliser l'identification jusqu'au niveau d'espèce quand cela est possible.

Une interprétation écologique, parce qu'une détection ne dit pas à elle seule combien d'individus sont présents, et que le contexte du site (courant, persistance de l'ADN, habitats) éclaire le signal.

Ces garde-fous font la différence entre une liste d'espèces et une donnée sur laquelle un comité de direction, un client ou un auditeur peut s'appuyer.

L'approche E-BIOM : de l'ADNe à la stratégie

E-BIOM associe un laboratoire génétique de 240 m², entièrement dédié aux analyses génétiques environnementales, et un cabinet de conseil. Une même équipe prend en charge l'ensemble de la chaîne :

la conception du protocole et de l'échantillonnage ;

les analyses en laboratoire et la bioinformatique ;

l'interprétation par des écologues ;

une restitution pensée pour les décideurs : une synthèse exploitable en comité de direction ou en conseil d'administration, mobilisable pour piloter les actions et alimenter les démarches de reporting CSRD et TNFD.

Nous intervenons notamment pour des entreprises, des gestionnaires de sites et des acteurs de l'eau, de l'agronomie et de la recherche.

Questions fréquentes

Quels sont les délais d'une étude ADNe ?

Ils dépendent du nombre de sites, de la saison de prélèvement et du niveau d'analyse. Le cadrage initial permet de fixer un calendrier précis, adapté à vos échéances de reporting ou de projet.

Que reçoit-on à la fin de l'étude ?

Selon votre besoin, vous recevez les données, une liste d'espèces ou un rapport structuré (méthodologie, résultats d'analyse, interprétation écologique, recommandations), de quoi alimenter votre reporting.

Peut-on inventorier toute la biodiversité avec un seul échantillon ?

Non : un échantillon représente une partie du milieu et chaque analyse cible certains groupes d'organismes. C'est pourquoi le plan d'échantillonnage et le choix des marqueurs sont définis selon vos objectifs.

L'ADNe est-il une méthode non invasive ?

Les prélèvements d'ADNe permettent généralement de rechercher des espèces sans les capturer ni les manipuler directement. Cette approche limite les perturbations liées à l'observation et peut être particulièrement intéressante sur des sites sensibles. L'impact du prélèvement sur le milieu dépend toutefois du protocole retenu.

Faut-il prélever de l'eau ou du sol ?

Cela dépend des organismes recherchés et de la nature du site. Sur un site mêlant milieux aquatiques et terrestres, les deux sont souvent complémentaires.

Peut-on comparer les résultats d'une année à l'autre ?

Oui, si le suivi est conçu pour cela : protocole identique, saisons comparables, méthode constante. C'est la base d'un suivi de restauration ou d'un reporting récurrent.

L'ADNe est-il utilisable dans un reporting CSRD ou TNFD ?

L'ADNe est une méthode scientifique éprouvée de mesure de la biodiversité. Elle peut produire, avec un protocole adapté, des données traçables et comparables permettant de construire des indicateurs pour vos démarches CSRD et TNFD. La façon de les intégrer dépend de vos objectifs, du protocole retenu et du référentiel visé : c'est ce que nous cadrons avec vous dès le départ.

Comment les analyses ADNe d'E-BIOM contribuent-elles au financement mondial de la biodiversité ?

En travaillant avec E-BIOM, vous intégrez un modèle pionnier de finance régénérative. À l'occasion de la COP17, nous sommes devenus la troisième entreprise contributrice au Fonds de Cali, et nous avons choisi d'aller plus loin : inscrire cette contribution dans notre modèle économique. Après une première contribution en 2026, nous nous engageons à reverser chaque année, à partir de 2027, 0,1 % de la valeur de chacune de nos prestations d'ADNe. Un versement unique aurait été possible ; nous avons fait le choix de la durée, pour soutenir la restauration du vivant.

Quel est l'intérêt du Fonds de Cali pour une entreprise qui évalue son impact biodiversité ?

Créé dans le cadre de la Convention de l'ONU sur la diversité biologique (CDB), le Fonds de Cali organise le partage juste et équitable des avantages tirés de l'utilisation des informations de séquençage numérique des ressources génétiques (DSI), c'est-à-dire des données ADN issues du vivant. Pour un dirigeant ou un responsable RSE, choisir l'ADNe d'E-BIOM offre une double garantie : une technologie de rupture pour vos reportings CSRD ou TNFD, et une démarche saluée par la Secrétaire exécutive de la CDB, Astrid Schomaker, comme un exemple de la façon dont les entreprises qui dépendent de la nature peuvent lui rendre.

De l'échantillon à la table des décisions

Vous préparez un état initial, un reporting TNFD/CSRD ou le suivi d'un site ? Nos équipes conçoivent le protocole, analysent les échantillons dans notre laboratoire et livrent une interprétation exploitable pour vos décisions.

Un projet en tête ?
Parlons-en.

Travaillons ensemble